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HISTOIRE

en face de M. de Varennes que M. de Frontenac avait envoyé pour protéger Chambly avec un détachement d’habitans et d’indiens. M. de Varennes, à la première nouvelle du combat, s’était mis en marche pour la Prairie de la Magdeleine. Le major Schuyler sans hésiter l’attaqua avec une fureur qui aurait déconcerté un chef moins ferme et moins habile que lui. Le commandant canadien fit mettre sa troupe ventre à terre derrière deux grands arbres renversés pour essuyer le premier feu des ennemis, puis il les chargea ensuite avec tant d’ordre et de vigueur qu’ils furent rompus partout. Schuyler rallia ses soldats jusqu’à deux fois ; mais après une heure et demie de combat, ils se débandèrent et la déroute fut complète. Ils laissèrent quantité de morts sur le champ de bataille. Leurs drapeaux et leur bagage devinrent les trophées du vainqueur. Le jeune et vaillant le Bert du Chêne se distingua à la tête des Canadiens et fut blessé mortellement. Les Sauvages combattirent avec une égale bravoure. La perte des Français fut considérable ; ils eurent six officiers de tués ou blessés à mort, ce qui fait voir l’acharnement du combat, pendant lequel on se battit longtemps à brûle-pourpoint.

Les troupes de Varennes, qui étaient sur pied depuis trois jours, par des chemins affreux,