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DU CANADA.

deux forts qui auraient pu arrêter une armée entière ; car ils étaient armés de 48 canons et mortiers, et défendus par plus de quatre-vingts soldats et huit cents miliciens bien retranchés[1], mais la porte souterraine par où ceux-ci devaient passer, se trouva si bien fermée qu’on ne put renfoncer assez vite. Il restait un troisième fort à l’entrée du port, gardé par une compagnie de soldats et muni de vivres pour plusieurs mois, de canons, de mortiers et de casemates à l’épreuve des bombes ; il se rendit néanmoins au bout de 24 heures.

M. de St. Ovide écrivit immédiatement en France et au gouverneur, M. de Costa Bella, pour annoncer sa conquête, mais ce procédé mécontenta ce dernier qui fut blessé de ce que son lieutenant eût écrit directement à la cour en même temps qu’à lui-même ; il l’en blâma,

  1. Lettres du major Lloyd datées octobre et novembre 1708, c’est-à-dire deux ou trois mois avant le siége et consignées dans un régistre manuscrit qui a appartenu à M. Pawnall, et qui se trouve maintenant dans les archives provinciales. Ce régistre est composé principalement d’extraits des procès verbaux du Board of Colonies and plantations. On y lit ce qui suit sur la situation de St.-Jean alors. — "The garnison was in as good a condition as he desired ; the company (80 men hesides the officers) was complete ; there were near 800 of the inhabitants under the covert of the fort ; and all things were in as good posture, etc. Captain Moody and others say that there were 48 pièces of cannon, mortars etc, and a great quantity of ammunition of war ".