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DU CANADA.

Dans un instant le capitaine anglais fut tué, tous les officiers furent mis hors de combat et l’équipage rejeté entre les deux ponts, où il se défendit avec beaucoup de courage. C’est alors que fut tué l’intrépide Bertrand ; sa mort fit chanceler sa bande ; mais un de ses lieutenans prit sa place et l’on se rendit maître enfin du vaisseau. Au même instant deux corsaires, l’un de 22 canons et l’autre de 18, avant été informés de ce qui se passait, arrivèrent à pleines voiles, et chacun prenant un côté ils se mirent à canonner la frégate que les Français venaient de prendre. Mais les vainqueurs refusèrent de commencer un second combat, et leur chef fut obligé de faire couper les câbles et de profiter du vent pour sortir de la baie ; ce qu’il fit sans être poursuivi.

Cependant le détachement venu par terre voyant cela, se jeta sur les habitations, les pilla et retourna à Plaisance chargé de butin. L’île de la Carbonnière, protégée par sa situation reculée, fut sauvée une fois encore.

Ainsi les Français se promenaient en vainqueurs d’un bout à l’autre de l’île, depuis presque le commencement de la guerre ; mais la petitesse de leur nombre les empêchait de garder le pays conquis. Il ne leur restait que la gloire d’avoir déployé un courage admirable et empêché peut-être l’ennemi de venir les attaquer