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DU CANADA.

que pour se voir, à la fin de la guerre, accablées de dettes et réduites à défendre leurs propres foyers.

Cependant tandis que l’Angleterre dirigeait son épée droit au cœur de la puissance française dans ce continent, sa politique avait armé contre elle, par le moyen des Iroquois, une nation brave, indomptable et féroce, les Outagamis, vulgairement nommés les Renards ; ils habitaient à l’ouest du lac Michigan. Ils avaient promis de brûler le fort du Détroit, et de massacrer tous les Français qui se trouveraient dans ces contrées. Les Kikapous et les Mascontins étaient entrés dans le complot. M. Dubuisson, qui commandait au Détroit, sut ce complot d’un Outagami chrétien ; il appela sur le champ les Hurons et les Outaouais ses alliés auprès de lui : « Nous voici autour de toi, dirent ces braves, tu nous as retirés du feu des Outagamis il y a douze lunes, nous venons exposer notre vie pour ton service ; nous mourrons avec plaisir pour notre libérateur. La seule grâce que nous te demandons, c’est que tu prennes soin de nos femmes et de nos enfans si nous succombons, et que tu mettes un peu d’herbe sur nos corps afin qu’ils reposent en paix ».

Dubuisson marcha avec les Canadiens et ses alliés contre les Outagamis ; il dut les assiéger