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HISTOIRE

métalliques inépuisables et capables de suppléer à tous les besoins. Il se trompa. On a pu voir ce qu’était cette contrée et ce que l’on pouvait attendre d’elle. Force fut donc à Law, faute d’un Pérou, faute de marchandises, faute d’industrie, faute enfin d’autres valeurs réelles, d’asseoir son papier-monnaie sur le numéraire seulement qu’il y avait en France. Ce papier il fallut l’augmenter, on altéra les espèces, en leur donnant aussi à elles une valeur factice ; de là la ruine du système ; cette opération absurde amena une banqueroute. L’on s’aperçut alors que, relativement à la Louisiane du moins, le système était fondé sur une chimère.

Après cette catastrophe la compagnie d’Occident, cessionnaire de tous les droits de Law, n’en conserva pas moins la possession du pays, qu’elle continua de gouverner et d’exploiter comme un monopole. Ce système avait déjà coûté 25 millions. « Les administrateurs de la compagnie qui faisait ces énormes avances, avaient la folle prétention de former dans la capitale de la France le plan des entreprises qui convenaient à ce nouveau monde. De leur hôtel, on arrangeait, on façonnait, on dirigeait chaque habitant de la Louisiane avec les gènes et les entraves qu’on jugeait bien ou mal favorables au monopole. Pour en cacher les calamités on violait, on interceptait la cor-