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DU CANADA.

compte de ces peuples, tandis que leurs agens les regardaient souvent, comme dans le cas actuel, comme des nations libres et indépendantes.

Il était facile de prévoir, cependant, que les agens des colonies anglaises, si toutefois ils étaient autorisés à traiter de la paix, n’accepteraient point de pareilles propositions. Aussi se contentèrent-ils de répondre qu’ils feraient leur rapport à Boston. Ils se plaignirent ensuite du secours que l’on avait fourni aux Abénaquis contre la foi des traités, dont ils réclamèrent l’exécution, et demandèrent les prisonniers de leur nation qu’il y avait en Canada. Ils faisaient probablement allusion à la part qu’avaient prise aux hostilités les Indiens domiciliés dans cette province, comme les Hurons de Lorette.

Les Français qui redoutaient le rétablissement de la paix et le rapprochement des deux peuples, virent avec plaisir la rupture des conférences ; mais elles n’avaient été réellement qu’ajournées, car deux ans après, en 1727, un traité fut conclu entre les parties belligérantes à Kaskabé. Lorsque la nouvelle en parvint à Paris, le ministre en exprima son regret, sentant tout le danger que courrait désormais le Canada s’il était attaqué du côté de la mer. Il écrivit qu’à tout prix les missionnaires conser-