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HISTOIRE

du gouverneur à la somme prodigieuse de 300,000 francs. La France ne retira rien de cette expédition, dont l’État fit tous les frais.

Cependant l’attitude que prenaient les colonies françaises et anglaises devenait de plus en menaçante, et la tournure des affaires en Europe annonçait une rupture prochaine entre les deux nations. La question des frontières, tenue en suspens par l’impossibilité de concilier les prétentions avancées de part et d’autre, laissait depuis longtemps les colons dans l’attente des hostilités. Dès 1785, M. Raensalaer, patron ou seigneur d’Albany, sous prétexte de voyager pour son amusement, et dans la prévision de la reprise des armes, vint en Canada, et informa secrètement le gouverneur que dans les dernières guerres, l’on avait ménagé leur pays, et que M. de Vaudreuil avait recommandé à ses alliés de n’y pas faire de courses ; que la Nouvelle-York avait fait la même chose de son côté, et qu’elle était encore disposée à en user de même.

En 1740 la guerre était devenue encore plus probable. M. de Beauharnais avait, sur les ordres de la cour, fait mettre les forts de Chambly, St.-Frédéric et Niagara en état de défense. Il travaillait aussi depuis longtemps à resserrer davantage les liens qui unissaient les Sauvages aux Français. Il tint à cet effet de