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HISTOIRE

Presque tous les autres postes de traite devinrent dès lors privilégiés ; c’est-à-dire que ceux qui les obtenaient y faisaient la traite exclusivement. Ces postes se donnaient, se vendaient ou s’affermaient, et dans ces trois cas le commerce soutirait également de leur régie ; ils étaient loués communément pour trois ans, et le fermier ou possesseur voulait dans ce court espace de temps faire une fortune rapide et considérable ; le moyen qu’il employait pour y réussir était de vendre le plus cher possible les marchandises qu’il y portait, et d’acheter de même les pelleteries au plus bas prix, dut-il tromper les Sauvages après les avoir énivrés. En 1754, on avait dans le poste de la mer d’Ouest une peau de castor pour quatre grains de poivre, et on a retiré jusqu’à huit cents francs d’une livre de vermillon ! Voilà comment se conduisait la traite dans les dernières années du régime français. Il paraissait évident à tout le monde que ce commerce allait être complètement et rapidement frappé de mort, si on ne réussissait à rejeter les colons anglais en dehors des vallées du St.-Laurent et du Mississipi ; et déjà même il était trop tard, dans l’opinion de bien des gens, pour entreprendre cette tâche ; ils disaient que l’on aurait dû avoir élevé des digues avant le débordement. Personne néanmoins ne soup-