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HISTOIRE DU CANADA

où le général Hull rendu à Montréal, fut échangé contre 30 prisonniers anglais. Il ne fut pas plutôt rentré dans son pays, qu’il fut accusé devant un conseil de guerre. La cour refusa de se prononcer sur l’accusation de trahison ; mais elle le trouva coupable de lâcheté et le condamna à mort. Le président lui accorda plus tard son pardon en mémoire des services qu’il avait rendus pendant les guerres de la révolution.

Après l’anéantissement de l’armée américaine de l’ouest, la partie supérieure du Haut-Canada se trouva débarrassée de la crainte d’une invasion.

Pendant que ces événemens se passaient à la tête du lac Érié, les forces ennemies qui devaient agir sur le lac Ontario et sur le lac Champlain se rassemblaient. Elles se donnaient la main par divers petits corps intermédiaires destinés à inquiéter le Canada sur différens points de ses frontières. Les premières troupes portaient le nom fastueux d’armée du centre ; les dernières d’armée du nord. L’armée du centre commandée par le général Van Rensalaer, était composée principalement des milices de l’état de la Nouvelle-York ; elle devait envahir le Canada entre le lac Érié et le lac Ontario. L’armée du nord, forte de 10,000 hommes, sous les ordres du général Dearborn, était chargée d’y pénétrer par le district de Montréal.

Van Rensalaer ne fut prêt à prendre l’offensive qu’à la fin de l’été. Après avoir longtemps inquiété le général Brock, il réussit malgré le feu de l’artillerie anglaise qui brisa plusieurs de ses berges, à prendre pied, le 13 octobre au point du jour, sur les hauteurs de Queenston et à repousser les attaques de la milice et d’une partie du 49e régiment. Le général Brock qui était à Niagara, à quelques milles plus bas, était accouru au bruit de la cannonade ; il rallia les grenadiers et les conduisit lui-même à la charge. Il aurait peut-être regagné le terrain perdu, si dans le moment même il n’eût été atteint d’une balle dans la poitrine, dont il mourut presqu’aussitôt. Ses troupes parvinrent cependant à se remettre de leur désordre, mais elles ne purent forcer l’ennemi, protégé par des arbres, à abandonner la place ni l’empêcher d’achever le débarquement de sa première division. Les Anglais suspendirent alors leur feu jusqu’à l’arrivée de leurs renforts sous les ordres du général Sheaffe, qui résolut de reprendre aussitôt