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Page:Gaston Paris, lepetit poucet et la grande ourse, 1875.djvu/101

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sa Collection of Teume traditiones, etc. (London, 1861), a publié (p. 44-56) le texte original, et M. Bleek, dans son Reineke Fuchs in Afrika (Weimar, 1870), a donné la traduction allemande d’un conte teumé (le peuple Teumé habite la côte de Sierra-Leone) que ce dernier appelle Poucet (der Daümling). Dans ce récit confus et vague, mais pourtant moins incohérent que la plupart des contes africains, on trouve, en effet, un épisode qui rappelle l’odyssée de Poucet. Il s’agit d’un personnage appelé Sire Taba, sur lequel on ne donne aucun détail, mais qui se trouve associé, pour plusieurs actions très-peu louables, avec l’araignée (cet animal joue un grand rôle dans la mythologie populaire du nord de l’Afrique).

« La nuit suivante, quand tout dormit, l’araignée appela Sire Taba, et tous deux s’en allèrent à l’endroit où étaient attachées les vaches du roi. L’araignée frotta sous le nez une des plus belles vaches avec un onguent qu’elle avait apporté, et la vache les avala tous deux. « Il ne faut pas toucher au cœur, » dit l’araignée, quand ils furent dans la vache ; puis elle tira un couteau et coupa à la vache un bon morceau de viande ; elle le mit dans une corbeille que Sire Taba lui tenait ; et quand la vache ouvrit la bouche pour bâiller, tous deux se glissèrent dehors. Après avoir vécu pendant quatre jours de la viande ainsi gagnée, ils rentrèrent une nuit dans la vache de la même façon. Sire Taba coupa avec son couteau un des rognons de la vache, mais l’araignée lui cria : « À la poitrine, Sire Taba. » Sire Taba coupa mala-