La circonstance des boyaux qu’on lave, qui se retrouve dans un si grand nombre de nos contes, ne permet guère de douter, quelque différemment qu’elle se présente ici, d’un lien entre Poucet et Sire Taba ; il en est de même des cris poussés par l’araignée, qui sont identiques à ceux de Poucet dans le no 45 de Grimm (« Ne hachez pas trop fort, ne hachez pas trop fort, je suis dessous »). Mais ce lien est sans doute tout extérieur. Les peuples de ces régions sont en contact fréquent avec les Européens, et ce conte n’est pas le seul où on puisse retrouver une influence étrangère. L’épisode du séjour de Sire Taba dans la vache doit provenir dans le conte teumé des aventures de Daümling, entendues par quelque nègre. Il faut d’ailleurs remarquer la ressemblance de la fin avec un épisode du Chat botté.
En relisant ce petit livre, j’y trouve une contradiction au moins apparente, sur laquelle je dirai quelques mots pour terminer.
On lit p. 2 et suiv. que les peuples indo-européens n’ont jamais possédé de religion sidérale, et il semble que cette vérité soit contredite par l’hypothèse émise plus loin, d’après laquelle le conducteur du char ou du troupeau céleste, Poucet, serait proprement un, dieu et devrait être identifié avec Hermès enfant. Mais le mot dieu n’a ici que le sens d’ « être surnaturel », et il m’implique aucune idée de culte, ce qui constitue l’essence d’une religion. Les mythes ont leur