source dans deux dispositions naturelles à l’esprit humain ; la crainte des puissances sur lesquelles l’homme n’a aucun empire, et le désir d’expliquer les phénomènes qu’il ne comprend pas. De ces deux sentiments, le premier seul donne naissance à des croyances religieuses proprement dites, qui s’expriment toujours par la prière et le sacrifice, c’est-à-dire par les efforts faits pour se rendre favorables les puissances supérieures. Le second n’a donné naissance qu’à des fables qui n’ont eu longtemps aucune conséquence religieuse, et qui, si elles ont souvent fini, par être attirées et absorbées dans les systèmes religieux devenus de plus en plus complexes, n’en ont pas moins gardé un caractère profondément distinct. C’est dans ce sens que j’ai dit que les ancêtres de notre race n’ont pas eu de religion sidérale, c’est-à-dire qu’à l’exception du soleil et de la lune, auxquels ils reconnaissaient ou attribuaient une influence sur leur existence, ils n’ont point adoré les astres, comme l’ont fait les Sémites. — Quant à Hermès, qui est certainement un dieu dans le sens le plus complet du mot, il ne faut pas oublier que le mythe du petit bouvier céleste était, si on admet ma conjecture, originairement étranger à sa mythologie, et n’a été rattaché à son nom que bien postérieurement.
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