que ce conte a perdu plusieurs des traits primitifs, entre autres le labourage de Poucet et son premier séjour dans la vache ; mais d’après ce qu’il en a conservé et ce que le poème anglais a retenu de son côté, on peut affirmer que les Anglais ont possédé le conte de Thumbkin sous sa forme ancienne et complète.
Si, après avoir étudié ces différentes versions, on en revient au conte français qui porte le même nom que plusieurs d’entre elles, au Petit Poucet de Perrault, on ne trouve aucune ressemblance. C’est qu’en effet, sous le nom du petit Poucet, ce sont des aventures tout autres que les siennes qui nous sont ici racontées : ce sont celles qui font le sujet du conte allemand de Jeannot et Margot (Grimm, no 15), et de tout un cycle que Wilhelm Grimm a réuni47 : le plus jeune des sept frères, dont la présence d’esprit et la finesse sauvent toujours les autres, n’a aucun des traits merveilleux de Poucet. Perrault nous dit bien, pour expliquer son nom, qu’il était très-petit, et que « quand il était venu au monde, il n’était guère plus grand que le pouce, c’est pourquoi on rappelait le Petit Poucet » ; mais il est clair que c’est là une explication insuffisante de son