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Page:Gaston Paris, lepetit poucet et la grande ourse, 1875.djvu/53

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emparés de lui62, mais il reparaît, altéré d’une autre façon et ayant perdu sa première raison d’être, dans le récit que fait le conte roumain de l’évasion du « petit diable » en pareille occurrence63. — Le caractère d’espièglerie surnaturelle, pour ainsi dire, qui est frappant dans les contes de Poucet, n’éclate pas moins dans la légende de l’enfance d’Hermès : ce petit être malicieux fait rire Zeus lui-même comme nous rions encore au récit des aventures et des ruses de Daumesdick :

Ζευς δὲ μέγ’ ἐξεγέλασσεν ἰδῶν κακομηδέα ʹ παῖδα (v. 389).

Si on se rappelle que les traditions reproduites plus ou moins fidèlement par l’hymne homérique sont essentiellement des contes populaires arcadiens64, si l’on fait attention au caractère tout pastoral et bucolique de cette partie de la mythologie d’Hermès65, et si on songe d’autre part que notre Diebsdaum est primitivement un dieu, on aura peine à se refuser à admettre le rapprochement proposé par M. Schenkl. Il y a d’ailleurs encore un indice qui semble favoriser cette hypothèse et qui nous ramènerait à cet aspect de Poucet qui fait le sujet particulier de notre étude, à Poucet conducteur du char céleste, au Chaur--