d’autant plus probant qu’il ne semble pas à cet endroit l’appliquer à la constellation : « Temo… et plaustrum appellatum, a parte totum, ut multa (De ling. lat. VII, 75). » D’ailleurs l’analogie de l’anglo-saxon, que M. Müller cite lui-même, paraît décisive. — En outre il m’est impossible d’admettre que boves et temo doive être regardé comme une seule expression ; je ne me figure ni l’une ni l’autre des représentations admises par M. Müller ; je comprends qu’on voie dans la Grande-Ourse un char à timon, ou, sans s’occuper du timon, un char traîné par trois bœufs (boves et plaustra dans Properce, III, 5, 35) ; je conçois aussi qu’on ait pris les sept étoiles pour sept bœufs (voy. ci-dessous à propos de septemtriones), mais je ne pourrais comprendre qu’on eût appelé la constellation « les bœufs et le timon » ; et en fait on ne trouve jamais cette expression, seule admissible d’après M. Müller, de boves et temo. On trouve temo seul, et, soit qu’il signifie « le char », soit qu’il veuille dire simplement « le timon », ce nom implique toujours la conception des quatre étoiles comme formant un char. Que signifierait un timon tout seul placé devant quatre bœufs ? — Le passage de Varron est fort peu clair ; on y lit (éd. O. Müller) : « Has septem stellas Graeci vocant ἅμαξα, nostri eas septem stellas boves et temonem et prope eas axem ». Par axis, il faut entendre, je crois, bien que ce mot ait signifié « char », le pôle arctique, qu’on trouve souvent ainsi désigné.
7. Voy. Grimm, Deutsche Mythologie, 3e éd.