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Page:Gaston Paris, lepetit poucet et la grande ourse, 1875.djvu/89

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Le second conte en question est russe ; comme il présente plusieurs détails intéressants, je le traduis ici en entier. Je n’ai eu malheureusement sous les yeux que l’édition sans notes du recueil d’Afanasief (Moscou, 1870) ; je ne sais pas si, dans l’autre édition, le regrettable éditeur donne des variantes et des rapprochements. Le titre du conte, ainsi que le début, demande une explication. Notre héros s’appelle ici « mal’tchik” s” Pal’tchik” », c’est-à-dire proprement « petit comme le petit doigt. » Pal’tchik” est un diminutif de palets”, qui signifie non pas « pouce, » mais « doigt ; » L’histoire de ce mot est assez embarrassante. Le sens de « doigt » n’est pas propre au russe : en tchèque aussi paleç signifie proprement « doigt ; » il en est de même du polonais palec (ainsi le pouce se dit en polonais wielki palec, le petit doigt maly palec. Mais d’autre part, il paraît impossible de séparer palets du latin pollex, et le slave offre aussi pour ce mot le sens de « pouce » : c’est ce sens, par exemple, qu’a pal’ts en ancien bulgare, et (d’après Miklosich) palets” dans des dialectes russes ; le polonais paluch, « pouce, » a évidemment le même radical. Notre conte lui-même, en donnant au héros le nom de Pal’tchik”, le rapproche clairement de Poucet et de Daŭmling. Je suppose que le sens primitif du mot slave est celui de « pouce, » et qu’il aura pris ensuite le sens général de « doigt. » Le héros du conte s’appelait en slave comme en allemand Poucet, mais quand le mot palets” eut pris le sens de doigt,