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Page:Gaston Paris, lepetit poucet et la grande ourse, 1875.djvu/92

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« C’est mon fils qui laboure. — Vends-le moi. — Non, je ne le vends pas ; la vieille et moi, nous n’avons pas d’autre joie, d’autre consolation que lui. Vends-le-moi, bonhomme, je t’en prie. — Eh bien ! donne mille roubles, il est à toi. — Comme c’est cher ! — Tu vois bien ce qu’il sait faire : il est petit, mais courageux ; il a bon pied bon œil, et fait bien les commissions. » Le seigneur compta les mille roubles, prit le petit, le mit dans sa poche et s’en alla chez lui. Mais en route. Petit Poucet fit caca dans sa poche, s’échappa par un trou et s’en alla.

Il marcha, marcha, et bientôt, voyant approcher la nuit il s’abrita sous un brin d’herbe, se coucha et se disposa à dormir. Par là passèrent trois voleurs : « Bonjour, mes garçons ! » dit Petit Poucet. « Bonjour ! Où allez-vous ? — Chez le pope. — Quoi faire ? — Voler ses bœufs. — Prenez-moi avec vous. — À quoi nous seras-tu bon ? il nous faut des gaillards solides, qui ne donnent pas un coup sans briser des os. — Je vous serai très-utile : je me glisserai sous la planche qui ferme le bas de la porte et je vous ouvrirai la porte. — C’est une idée : viens avec nous. Ils s’en allèrent tous les quatre chez le riche pope : Petit Poucet se glissa sous la porte, l’ouvrit, et dit : « Vous, frères, restez là dans la cour, moi j’entrerai dans l’étable, je choisirai le plus beau bœuf et je vous l’amènerai. — Très-bien ! » Il entra dans l’étable, et se mit à crier de toute sa force : « Quel bœuf faut-il prendre, le fauve ou le noir ? — Ne fais pas de bruit, »