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Page:Gaston Paris, lepetit poucet et la grande ourse, 1875.djvu/93

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dirent les voleurs ; « prends celui dont le pied te tombera sous la main. » Petit Poucet leur amena le plus beau de tous les bœufs : les voleurs l’emmenèrent dans la forêt, le tuèrent, enlevèrent la peau, et se mirent à partager la viande : « Moi, frères, » dit Poucet, « je prends les boyaux : c’est tout ce que je demande. » Il prit les boyaux et s’en alla se coucher dedans pour dormir, afin de trouver la nuit moins longue. Quant aux voleurs, ils se partagèrent la viande et rentrèrent chez eux.

Un loup vint à passer par là, il avait grand’faim : il avala les boyaux et le petit avec : Poucet se trouva tout à coup dans le grand ventre tout, vivant, mais il s’en faisait peu de souci. Mal prit au gris (c’est-à-dire au loup) de sa gloutonnerie ! S’il voyait un troupeau dont le berger dormait pendant que les moutons paissaient tranquillement, il s’approchait et prenait un mouton, mais Petit Poucet se mettait a crier à pleine gorge : « Berger, berger, âme des moutons (locution consacrée), tu dors, et le loup emporte un mouton ! » Le berger s’éveillait, se jetait sur le loup à coups de bâton et lançait sur lui ses chiens et les chiens de le déchirer, que les flocons en volaient ! à peine s’il se sauvait vivant. Ainsi le loup jeûnait toujours et il allait mourir de faim. « Sors, » dit-il à-Poucet. « Porte-moi chez mon père, chez ma mère, et je sortirai, » répondit Petit Poucet. Le loup arriva au hameau, entra tout droit dans la maison du vieux : aussitôt Petit Poucet sortit du grand ventre par derrière, s’assit sur la queue du loup et se mit à