moins durait altéré comme il l’est dans les conte : allemands (voy. p. 42) : les contes lithuanien et albanais, qui l’ont conservé, ne connaissent d’absorption ni par le bœuf ni par le loup, mais la fin en est sans doute tronquée, et il est très-permis de conclure par celle du conte lithuanien qu’il devait se terminer comme le conte russe (voy. ci-dessus, p. 88-89). — Cet épisode lui-même doit être une intercalation postérieure : le conte alors, dans sa période primitive, n’aurait compris, comme dans l’hymne homérique, que trois moments : Poucet vole les bœufs, — Poucet conduit les bœufs à reculons, — Poucet, surpris par le maître (gigantesque relativement à lui) des bœufs volés, se fait lâcher. — Puis, encore fort anciennement, on aura inséré entre la seconde et la troisième scène celle de l’absorption par le loup, enjolivement comique qui montre que le sens ou mythe était perdu. Ensuite se sera intercalée l’aventure avec la vache, puis Poucet sera devenu un charretier ou un laboureur en même temps que les bœufs se seront transformés en char ou en charrue. La naissance miraculeuse, si différente chez les différents peuples, est venue en dernier lieu compléter la légende. Tout ce qui est en dehors est moderne et propre à telle ou telle version.
Si ces rapprochements sont un nouveau témoignage de l’ancienneté et de la diffusion de notre conte chez les peuples slaves, voici d’autre part une