Page:Gautier-Lopez - Regardez mais ne touchez pas.djvu/25

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DON GASPAR.

Voilà une supposition moins outrageante, et que je puis admettre… Oui, j’en conviens, l’amour n’est pas étranger à ma présence dans ce parc… Mais, maintenant, je cours les plus grands périls si j’y reste… Mademoiselle, votre voix est douce, je vous devine jolie, vous devez être bonne… indiquez-moi, de grâce, le sentier qui conduit à la petite poterne de la route d’Ocana ; je n’ai pas une minute à perdre… les alguazils sont sur mes traces.


LA REINE.

Si c’était lui !


DON GASPAR.

S’il faut tout vous dire… j’ai commis une imprudence… fatale… qui met ma vie en danger…


LA REINE, bas.

Plus de doute ! (haut) Expliquez-vous, seigneur cavalier, êtes-vous le sauveur de la reine ?


GRISELDA, à Béatrix.

Voilà qui vous intéresse… Quel dommage qu’on n’y voie pas clair…


DON GASPAR, à part.

Quelles sont ces femmes ?… Puis-je me nommer ?


LA REINE.

Vous ne répondez pas ?…


DON GASPAR.

Madame…


LA REINE.

Cet embarras me fait croire encore…


BÉATRIX.

Parlez, de grâce !…


GRISELDA.

Comptez sur notre discrétion.


DON GASPAR, à part.

Trois femmes… c’est chanceux !


LA REINE.

Vous nous intéressez plus que vous ne pouvez le penser.


BÉATRIX.

N’ayez aucune crainte… ce n’est pas nous qui vous dénoncerons !…


GRISELDA.

Nous n’avons pas d’amants dans la police…


DON GASPAR, à part.

Au fait, ma situation ne peut être pire…


LA REINE.

Votre confiance pourra vous servir.