Page:Gautier - Œuvres de Théophile Gautier, tome 2.djvu/112

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O sancta simplicitas ! comme disait Jean Huss en montant au bûcher.

Cependant cette rêverie, si bourgeoise et si aisée à réaliser en apparence, ne me paraît guère près de s’accomplir.

Aurons-nous le bonheur de rencontrer Fortunio au bois de Boulogne ? La chance est douteuse. — Cependant nous n’avons pas d’autre moyen de continuer notre roman. Les oiseaux italiens se sont envolés de leur cage dorée ; ainsi il ne faut plus penser à faire rencontrer Fortunio à Musidora à une représentation d’Anna Bolena ou de Don Juan. Quant à l’Opéra, Fortunio y va rarement, et nous ne voudrions pas déranger notre cher héros dans ses habitudes. — En attendant, nous entretenons de cigares de la Havane un jeune homme de nos amis qui bivouaque sur le boulevard de Gand et guette le Fortunio au passage, car il va s’y promener quelquefois avec son ami de Marcilly.

Nous avions pensé à faire retourner Musidora à l’allée de Madrid, où elle aurait aperçu le Fortunio galopant à toute bride ; elle se serait lancée à sa poursuite, et, une branche ayant effrayé sa jument, elle aurait été jetée violemment à terre. — Fortunio l’aurait relevée évanouie et conduite chez elle, — et n’aurait pu décemment s’empêcher de venir demander des nouvelles de la malade. — Aveu de Musidora, attendrissement du sauvage Fortunio, et tout ce qui s’en-