Page:Gautier - Œuvres de Théophile Gautier, tome 2.djvu/195

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pagnols, que Fortunio faisait ces retraites mystérieuses qui excitaient si vivement la curiosité de ses amis.

Il y restait huit jours, quinze jours, un mois, sans reparaître, selon que son caprice le poussait.

Les ouvriers employés à cette bâtisse avaient été largement payés pour garder le secret, et disséminés ensuite sur divers points du globe ; aucun n’était demeuré à Paris. Fortunio les avait fait partir, sans qu’ils s’en doutassent, les uns pour l’Amérique, les autres pour les Indes et l’Afrique ; il leur avait proposé des occasions admirables, qui semblaient naître fortuitement et dont ils avaient été complètement dupes.

L’Eldorado, le palais d’or, comme Fortunio, l’avait baptisé, ne mentait pas à son titre : l’or y étincelait de toutes parts, et la maison dorée de Néron ne devait assurément pas être plus magnifique.

Représentez-vous une grande cour encadrée de colonnes torses de marbre blanc aux chapiteaux et aux fûts dorés, entourés d’un cep de vigne aussi doré, avec des grappes en prisme de rubis. Sous ce portique quadruple s’ouvraient les portes des appartements, faites en bois de cèdre précieusement travaillé.

Au milieu de la cour s’enfonçaient quatre escaliers en porphyre, avec des rampes et des re-