Page:Gautier - Œuvres de Théophile Gautier, tome 2.djvu/428

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glauques, et, avec un geste impérieux : « Jetez-moi, dit-elle, cet homme à la porte. »

Les deux géants soulevèrent l’enfant sur leurs bras velus comme si c’eût été une plume, le portèrent par des couloirs obscurs jusqu’à l’enceinte extérieure, puis ils le posèrent délicatement sur ses pieds ; et quand Ctésias se retourna, il se trouva nez à nez avec une belle porte de cèdre semée de clous d’airain fort proprement taillés en pointe de diamant, et disposés de manière à former des symétries et des dessins.

L’étonnement de Ctésias avait fait place à la rage la plus violente ; il se lança contre la porte comme un fou ou comme une bête fauve ; mais il aurait fallu un bélier pour l’enfoncer, et sa blanche et délicate épaule, que faisait rougir un baiser de femme un peu trop ardemment appliqué, fut bien vite meurtrie par les clous à six facettes et la dureté du cèdre ; force lui fut de renoncer à sa tentative.

La conduite de Plangon lui paraissait monstrueuse, et l’avait exaspéré au point qu’il poussait des rugissements comme une panthère blessée, et s’arrachait avec ses mains meurtries de grandes poignées de cheveux. Pleurez, Cupidon et Vénus !

Enfin, dans le dernier paroxysme de la rage, il ramassa des cailloux et les jeta contre la maison de l’hétaire, les dirigeant surtout vers les ouvertures des fenêtres, en promettant en lui-