Page:Gautier - Œuvres de Théophile Gautier, tome 2.djvu/519

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cheveux flottaient sur leurs épaules en boucles épaisses.

Ils précédaient les porteurs de présents, esclaves robustes dont les corps demi-nus laissaient voir des entrelacements de muscles à faire envie au plus vigoureux athlète.

Sur les brancards, soutenus par deux ou quatre hommes, ou davantage, suivant la pesanteur des objets, étaient posés d’énormes cratères d’airain, ciselés par les plus fameux artistes ; ― des vases d’or et d’argent aux flancs ornés de bas-reliefs, aux anses gracieusement entremêlées de chimères, de feuillages et de femmes nues ; ― des aiguières magnifiques pour laver les pieds des hôtes illustres ; ― des buires incrustées de pierres précieuses et contenant les parfums les plus rares, myrrhe d’Arabie, cinnamome des Indes, nard de Perse, essence de roses de Smyrne : ― des kamklins ou cassolettes avec couvercles percés de trous ; ― des coffres de cèdre et d’ivoire d’un travail merveilleux, s’ouvrant avec des secrets introuvables pour tout autre que l’inventeur, et contenant des bracelets d’or d’Ophir, des colliers de perles du plus bel orient, des agrafes de manteau constellées de rubis et d’escarboucles ; ― des toilettes renfermant les éponges blondes, les fers à friser, les dents de loup marin qui servent à polir les ongles, le fard vert d’Égypte, qui devient du plus beau rouge en touchant la peau, les poudres qui noircissent les