Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/101

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roi avec un redoublement de rage, vous espérez ma mort, vous la désirez, vous comptez vous réjouir quand elle sera venue, eh bien, c’est moi qui vous le dis, vous pleurerez des larmes de sang sur mon cercueil.

— Il est écrit, dit Hillel « le mal que tu souhaites aux autres se retourne contre toi » ; nous ne désirons la mort de personne.

Les rois mages baissaient la tête, regrettant d’être venus à Jérusalem. Ils se remémoraient tous les crimes d’Hérode, et croyaient le voir trempé de sang dans sa toge pourpre, sous les dernières rougeurs du soir.

Mais le roi de Judée se calma soudain et se mit à rire :

— C’est la fièvre qui m’excite, voyez-vous, dit-il. Et où est-il né, ce roi des Juifs ? ajouta-t-il en s’adressant à Hillel.

— Nous l’ignorons, seigneur, le grand-prêtre le sait peut-être.

— Qu’on l’appelle.

Ioser, fils de Boéthos, était au temple ; on le fit venir en grande hâte, et il entra, la tiare