Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/118

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aimait la nature, l’espace, la sauvage majesté du désert.

— Rien n’est plus beau, s’écriait-elle, que d’apercevoir au loin, sur les hauteurs, une tribu en marche, dont les tentes ployées, les hommes et les chameaux, se profilent sur le ciel, empourpré par le couchant !

On possède d’elle des réflexions morales, des maximes et des poésies descriptives, dont le style nerveux et coloré est des plus remarquables.

C’est à une femme encore que revient la gloire d’avoir affranchi sa tribu de l’infâme droit du seigneur, qu’un tyran avait su lui imposer.

Ofaira, surnommée la Rétive, noble enfant de la tribu des Djadis, fut, selon la coutume, livrée, le soir de ses noces, à Imlyk, qui gouvernait en roi les descendants de Djadis. La jeune fiancée, folle de colère et de désespoir, s’enfuit de la tente royale, et toute en larmes, échevelée, parcourut la tribu en criant d’une voix indignée :