Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/177

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


à persévérer dans les œuvres vertueuses et à donner toujours l’exemple à son sexe.

— Que Dieu t’accorde longue vie, répondit le scheik ; demeure ici un moment, je vais prévenir ma fille.

Peu après le khalife pénétrait dans l’appartement des femmes. Saleha, qui s’était voilée, s’avança vers lui pour le saluer. Autour d’elle étaient ses esclaves.

— Éloigne toutes ces filles, dit Omar.

Saleha, un peu tremblante, fit signe aux esclaves de sortir. Aussitôt qu’ils furent seuls, le khalife tira de dessous son manteau son glaive nu.

— Je suis ici pour la justice, dit-il, c’est Allah qui m’a éclairé les ténèbres ; tu as assassiné ton amant et abandonné ton fils ; deux fois coupable, tu dois expier tes crimes.

La jeune fille arracha son voile brusquement et montra un visage pâle et fier, de beaux yeux où brillaient des larmes d’indignation.

— Comment oses-tu décider, ne sachant rien, ni quelle est la victime, ni quel est le cou-