Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/185

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— Qu’Allah te pardonne dans l’autre monde, dit Aly, je suis esclave de la loi : tu subiras la peine que ton crime a mérité.

— Dieu soit loué ! s’écria-t-elle ; qu’il me punisse en ce monde, et me reçoive, purifiée, dans son paradis.

Aly la considérait, cherchant à surprendre en elle une défaillance, un frisson de peur en face de la mort. Elle avait les lèvres serrées et pâles, mais les yeux fixes et rayonnants d’enthousiasme.

— L’adultère est un crime complexe, dit-il, après un silence ; il s’incarne souvent, et une fleur d’innocence s’élève entre les coupables.

La jeune femme se recula en étouffant un cri.

— Hélas ! tu sais tout, ô toi, l’Agréable à Dieu. Oui, mon crime vit en moi et déjà mon flanc a tressailli.

— Alors, tu veux ajouter le meurtre à l’adultère ? s’écria Aly. Tu veux refuser la vie à une créature d’Allah, charger ton âme de crimes ?