Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/224

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Mais elle le devança, saisit son cheval par la bride.

— Écoute, dit-elle, un seul adversaire va nous atteindre ; c’est Achmet, mon frère aîné. La jument qu’il monte est sans rivale sur terre, l’hirondelle ne peut la suivre, elle dépasse le vent. Mais nos chevaux, qui sont nés d’elle, d’elle exceptée, défient toute poursuite. Depuis longtemps mes autres frères sont distancés, nous sommes hors de leur atteinte : Achmet seul nous serre de près, nous ne pouvons lui échapper, il vaut mieux l’attendre.

Les chevaux, l’un après l’autre, poussèrent un hennissement joyeux.

— Ils ont reconnu leur mère, dit Djémila.

Et elle s’élança au-devant du cavalier qui n’était plus qu’à une vingtaine de mètres.

— Cesse de me poursuivre, ou viens me combattre, lui cria-t-elle en tirant son sabre.

— Fille impudique ! Honte de notre maison ! s’écria Achmet, expie ton crime, ou livre ton indigne amant et reviens en arrière, pendant qu’il en est temps encore.