Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/226

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l’ombre de la nuit dérobe, ses beaux sourcils s’abaissent sur ses yeux.

— Aimerais-je un lâche ? dit-elle d’une voix altérée ; comment se fait-il que, quand je combattais, tu es resté en arrière, sans prendre part à la lutte ?

— Oh ! bien-aimée, répondit le prince d’un ton de reproche, est-ce la coutume chez les Turcomans de se mettre deux contre un seul ? Tu m’as devancé et j’attendais de te voir faiblir pour prendre ta place. En te regardant combattre, mon cœur palpitait d’orgueil ; tu m’émerveillais par ta force héroïque, toi dont la beauté m’a subjugué.

— Ta confiance en ma valeur me flatte, pardonne-moi de t’avoir méconnu.

— Je te pardonne, au prix de ce baiser que tu m’as refusé.

— Prends, dit-elle.

Ils atteignirent une épaisse et monstrueuse forêt qui déroba leurs traces.

Là, harassés, ils mirent pied à terre et s’étendirent sur le sol, pour prendre un peu