Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/255

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boules en entourant une sixième. C’est là le blason bien connu de la très illustre famille de Kanga, qui n’a d’égale en puissance, dans toutes les îles du Japon, que celles de Shendaï et de Satsouma.

Oui, ce prince, qui médite au fond de son palais, est très puissant, très riche, très renommé ; son peuple l’admire et le craint, ses vassaux sont prêts à mourir pour lui, ses moindres désirs sont des lois pour tous ceux qui l’entourent, et cependant, aujourd’hui, il se trouve misérable, faible, pauvre, déplorablement pauvre d’imagination, car voici plusieurs jours qu’il cherche quelle surprise il pourrait bien faire à sa fille, pour l’anniversaire de sa naissance, et il n’imagine rien.

Il est vrai que cette princesse, qui demain aura seize ans, possède tout ce qu’il est possible de posséder : elle a des oiseaux merveilleux, de fantastiques poissons, des chiens extravagants, des chars, des bœufs, des chevaux, des palais, tout ce qu’elle a pu désirer, et même des merveilles auxquelles elle ne