Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/278

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ne portait que des étoffes losangées d’or, tissées pour lui seul, le cavalier incomparable, le poète charmant.

La femme, qui s’appuyait des deux mains à l’épaule de Nari-Hira et le regardait avec extase, avait rejeté son voile ; Komati la reconnut.

— Isako-Tamoura ! murmura-t-elle avec un ironique sourire, pauvre prince Tamoura !

C’était sa plus cruelle ennemie, la plus envieuse de ses rivales, celle qui lui avait fait le plus de mal, au temps où elle pouvait souffrir.

Ils passèrent. Les parfums de leurs toilettes dominèrent un instant l’odeur des fleurs.

Komati, inaperçue, resta là, le front dans la main, s’efforçant de chasser loin d’elle les visions qui l’assaillaient, des splendeurs et des trahisons de cette cour, qu’elle avait fuie depuis trois ans.

La nuit venait. Déjà la lune avait paru, lorsque Komati fut tirée de sa torpeur par le bruit d’un galop de cheval. Elle se leva pour