Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/326

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Quand ils sont passés, des hommes, échelonnés au bord du chemin, jettent des pelletées de sable fin sur le sol, et aussitôt s’avance, les rideaux fermés, soutenu par seize porteurs, le palanquin jaune de l’empereur. Deux cavaliers, hauts dignitaires de la cour, marchent à droite et à gauche, et, derrière le palanquin, caracole la superbe cohorte des princes du sang, dont les chevaux sont bridés et sellés de velours violet, et qui portent une lance à laquelle pend une queue de léopard.

Des chars magnifiques, de formes élégantes, tendus de soie jaune richement brodée, traînés chacun par deux belles mules blondes, caparaçonnées d’étoffes jaunes et or, avec tout leur harnachement doré, viennent ensuite. Ces voitures, soigneusement closes, cachent les femmes préférées que l’empereur a choisies pour le suivre dans son voyage.

D’autres voitures, vertes, bleues ou rouges, terminent le cortège, et d’entre leurs rideaux flottants d’étranges clameurs s’échappent : aboiements aigus, miaulements d’effroi, jolis