Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/329

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j’aime comme s’il était mon fils, répond Tchao, qui de rouge est devenu blême.

Un imperceptible sourire étire les lèvres du maître, qui, cependant, n’objecte rien. Bientôt il présente au général la tasse odorante, d’où la vapeur du thé s’élève en légers nuages.

La tasse tremble dans la main du guerrier. Le thé bouillant déborde sur ses doigts, le brûle cruellement, tandis que, par flatterie, il s’efforce de réciter les vers fameux que l’empereur lui-même a composés sur sa boisson favorite :


« Au-dessus de la braise ardente, posez un vase à trois pieds dont la couleur indique de longs services. Que la neige fondue l’emplisse d’une eau limpide, et qu’on la laisse chauffer jusqu’au degré qui suffit pour blanchir le poisson et rougir le crabe.

« Dans la tasse, faite de terre de Yué, sur les feuilles d’un thé délicat, qu’elle soit versée aussitôt, cette eau, et laissée en repos jusqu’au moment où les vapeurs, qui s’élèvent d’abord