Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/256

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L’ORIENT.

c’était tout bonnement la transcription en chinois de notre nom gréco-gaulois, qu’on lui avait donné, et si nous ne signons pas aujourd’hui cet article par un fantastique gribouillage, lisible seulement pour M. Julien, de Paris, c’est pure bienveillance de notre part.

Il nous remit ensuite sa carte, avec la transcription de son nom en caractères européens, politesse que nous reconnûmes par une petite pièce de monnaie. Ce digne magot vivant s’appelle Keyng. En prenant le papier de couleur semé de quelques paillettes de mica qu’il nous tendait, nous rencontrâmes sa main ridée, qui nous fit l’effet d’une patte d’oiseau ; les griffes y étaient figurées par des ongles de trois pouces de long, transparents comme des feuilles de talc, et qu’il nous fit admirer avec une certaine satisfaction de coquetterie. Ces grands ongles sont là-bas très-bien portés et passent pour une recherche aristocratique et fashionable. Elle prouve au moins qu’on ne se livre pas aux travaux manuels.

Keyng nous fit voir aussi plusieurs cos-