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VIII


LE CHÂTEAU D’OVARI


Sur le rivage de l’océan Pacifique, au faîte d’une colline rocheuse, s’élève la forteresse des princes d’Ovari. Ses murailles, percées de meurtrières, se déploient en suivant les sinuosités du terrain. Elles sont masquées cà et là par des groupes d’arbres et des buissons dont la fraîche verdure contraste heureusement avec les parois déchirées des roches couleur de rouille. De loin en loin se dresse une tour carrée dont la base s’élargit comme le pied d’une pyramide ; un toit aux bords relevés la recouvre.

Du sommet de la forteresse la vue est admirable. Une petite baie s’arrondit jusqu’au pied de la colline et offre un abri sûr aux jonques et aux barques qui fendent en tous sens l’eau limpide plus loin, les flots bleus de l’océan Pacifique se déroulent et tracent à l’horizon une ligne rigide, d’un azur plus sombre. Du côté de la terre, les premières ondulations d’une chaîne de montagnes bossellent le sol ; des rochers