Page:Gautier - Le Japon (merveilleuses histoires), 1912.djvu/56

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Kamis jouant de la flûte, faisant courir leurs doigts sur le semsin ou frappant le tambour sacré, tandis que leurs sœurs, avec une grâce adorable, ébauchant on ne sait quelle danse mystique, font ondoyer leurs corps sveltes, étendent les bras, renversent la tête, au milieu des plis fins de leurs écharpes envolées dans la brise. Le second vase, dans lequel le premier disparaît, est formé d’un réseau de nuées bleuâtres qui cachent sous le voile qui leur convient les harmonieuses déesses. Le bouton du couvercle est un petit éléphant, aussi en porcelaine brute, tout caparaçonné, harnaché, ornementé avec une minutie extraordinaire.

La cuisson de ces sortes de porcelaines, dont certaines parties sont à jour, est extrêmement délicate et difficile à réussir ; aussi le brûle-parfums dont il s’agit est-il, à tous les points de vue, un objet des plus rares.

Parmi les œuvres du même genre, nous avons remarqué une grande jardinière aux flancs découpés en forme de vagues, entre lesquelles se joue le Ki-Lin, cet animal fabuleux, sorte de licorne marine, qui se montre, paraît-il, lorsque l’empereur gouverne avec sagesse.

Le choix est bien difficile parmi des objets d’un mérite à peu près égal, on ne sait s’il faut préférer ce petit vase, en forme de cornet, léger, transparent, sonore comme une clochette, que décorent des fleurs de cerisier courtisées par quelques papillons, ou ce grand plat au fond duquel des dragons en relief se