Page:Gautier - Le Japon (merveilleuses histoires), 1912.djvu/59

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


poursuivent parmi des flots dorés, ou bien encore ces beaux vases piriformes d’une pâte si fine, décorés de lions qui combattent et d’une chaîne de porcelaine attachée aux anses et retombant en guirlande sur les flancs. Ce sont là les pièces les plus importantes, mais mille choses encore mériteraient l’attention, entre autres cette paire de vases, hauts de près de deux mètres, de l’espèce de porcelaine appelée au Japon Someniski, dont la décoration est bleue sur fond blanc (les autres sortes de porcelaines sont désignées, en général, sous le nom de Nisikidi) ; ces grandes potiches, à la forme élancée et gracieuse, sont d’une belle venue, sans défauts et d’une cuisson parfaite. Ce large plat, aussi en porcelaine Someniski, est plus curieux encore ; on y voit réunis tous les poissons que l’on sert sur les tables japonaises, et parmi eux, le faï, dont la chair est spécialement estimée, que l’on paye souvent des prix exorbitants et qui fait partie des cadeaux de fiançailles. Quelques-uns des poissons amassés au fond du plat sont colorés en rouge, et c’est, paraît-il, la première fois que l’on réussit une décoration d’un autre ton sur l’ensemble monochrome de la porcelaine dite Someniski.


fabrication de la laque

C’est en Chine et au Japon que la fabrication de la laque atteint un degré de perfection incomparable. On peut difficilement se faire une idée du travail, de l’adresse, de la patience déployés par l’artisan japonais