Page:Gautier - Les jeunes France, romans goguenards.djvu/120

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CELLE-CI ET CELLE-LÀ


OU


LA JEUNE-FRANCE PASSIONNÉE


Rosalinde. – Est-il formé de la main de Dieu ? Quelle espèce d’homme est-ce ? Sa tête est-elle digne d’un chapeau et son menton d’une barbe ?
Célie. – Non il n’a qu’une barbe très-courte.
Rosalinde. – Eh bien ? Dieu lui en enverra une plus longue, s’il est reconnaissant envers le ciel.
Comme il vous plaira.


Le 31 août, à midi moins cinq, Rodolphe, plus matineux que de coutume, se jeta en bas de son lit, et alla se planter tout d’abord devant la glace de la cheminée, pour voir s’il n’aurait pas, d’aventure, changé de physionomie en dormant, et pour se constater à lui-même qu’il n’était pas un autre, cérémonie préliminaire à laquelle il ne manquait jamais, et sans quoi il n’aurait pu vivre convenablement sa journée. S’étant assuré qu’il était bien le Rodolphe de la veille, qu’il n’avait que deux yeux ou à peu