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chapitre viii

gieuses étaient de deux sortes, les professes de chœur, qui chantaient l’office, et les converses, véritables filles de service auxquelles on faisait faire les gros ouvrages sans qu’elles fussent jamais attachées à la personne de qui que ce fût ; l’abbesse elle-même, si elle n’était pas infirme, faisait son lit et balayait sa chambre.

L’Histoire des persécutions, qui entre dans les plus petits détails, mentionne pour l’année 1661 cent onze religieuses professes et vingt et une converses à Paris et aux Champs ; il y avait en outre des novices, des postulantes, et enfin des pensionnaires, enfants de quatre ou cinq ans ou jeunes filles de seize à dix-huit que les ordres rigoureux de Louis XIV firent sortir au mois d’avril 1661. C’était plus de deux cents personnes dont le monastère était chargé, dit l’Histoire des persécutions, sans compter le dehors.

Le véritable supérieur était l’archevêque de Paris, mais il était stipulé dans les constitutions qu’il pourrait commettre sa charge à un ecclésiastique de vie exemplaire que l’abbesse lui présenterait. Ce rôle était dévolu à Antoine Singlin lorsque la persécution commença, et M. Bail lui fut substitué sans avoir été présenté par l’abbesse, ce qui constituait une illégalité. Outre le supérieur, le monastère avait des confesseurs attitrés qui venaient tous les huit jours exercer leur ministère, et l’abbesse était chargée de recruter des prédicateurs, des aumôniers et des chapelains pour la célébration des offices. Il y avait un homme d’affaires, Akakia du Plessis ; une sorte d’intendant pour la maison des Champs, il se nommait Hilaire, et il joua durant les années qui suivirent un assez grand rôle. Il y, avait des sacristains bénévoles, Claude Lancelot et Doamloup, des jardiniers, dont un gentilhomme an-