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histoire du mouvement janséniste

Les religieuses étaient cloîtrées, mais elles pouvaient voir leurs familles au parloir, dont l’accès leur était ouvert dans des conditions déterminées. Les confessions et les communions étaient réglées de même avec un soin minutieux. Il ressort de l’unanimité des interrogatoires que l’on se confessait tous les quinze jours ; toute la communauté communiait chaque dimanche et chaque jeudi, et les jours de fête, si nombreux au temps du savetier Grégoire, ce qui amenait les religieuses à communier jusqu’à trois et quatre fois par semaine. C’est même un fait établi que l’on communiait à Port-Royal plus fréquemment que dans la plupart des autres monastères de femmes. Les interrogatoires de 1661 sont ainsi une éclatante justification de Port-Royal, et une réfutation péremptoire des calomnies que l’on n’a pas cessé de répandre au xviie siècle, que l’on propage aujourd’hui encore avec une assurance et une tranquillité déconcertantes.

C’est vrai pour l’usage des sacrements ; c’est également vrai pour le culte des images, que l’on trouvait partout à profusion. Les constitutions veulent qu’il en soit ainsi : « Il n’y aura point de superfluité de tableaux dans le monastère, mais seulement ce qui sera ici spécifié, savoir : dans le chœur, six — Dans l’avant-chœur, quatre. — Dans le réfectoire, six. — Dans chaque infirmerie, quatre. — Dans la chambre de la communauté, deux. — Dans le noviciat, quatre. — Dans chaque office, un. — Et de même dans tous les passages, afin qu’on ait partout un objet de piété[1]. » Voici maintenant un fragment du treizième interrogatoire, celui de Sœur Elisabeth de Saint Luc Midorge : « D. Avez-vous

    de piété qu’il faisait à ses disciples. — V. Baillet, Vies des Saints. — 9 septembre.

  1. Constitutions, éd. de 1665, p. 136.