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histoire du mouvement janséniste

plus solide et la plus inébranlable de Port-Royal » ; c’est bien là ce qui caractérise Anne Martinozzi, nièce de Mazarin.

À côté de ces princes et princesses du sang royal vient se placer une reine qui aurait voulu devenir simple religieuse, qui aurait volontiers transféré Port-Royal dans ses États, c’est Marie de Gonzague, mariée successivement à deux rois de Pologne. Amie de la première heure, du vivant même de Saint-Cyran, elle reçut de la Mère Angélique de nombreuses lettres de direction, et la Mère Agnès continua de correspondre avec elle jusqu’à sa mort. C’est d’elle, plus encore que de la princesse de Conti, qu’on peut dire qu’elle fut une protectrice inébranlable ; on la vit aller jusqu’au pape pour tâcher de sauver Port-Royal.

Les sympathies de la haute magistrature ne pouvaient manquer d’aller à Port-Royal persécuté par les Jésuites, d’autant plus que le Parlement n’avait jamais aimé les Révérends Pères, et que les différentes formes de ces persécutions donnaient toujours de la tablature au parlement. Édits du roi, constitutions des papes, formulaires des assemblées du clergé, tout devait être enregistré pour avoir force de loi, et l’on voyait le roi « monter au parlement » pour faire enregistrer de force ce que la conscience des magistrats ne leur permettait pas d’accepter. C’était toujours au détriment des maximes du royaume et des libertés de l’Église gallicane que la cour de Rome frappait sur les jansénistes à la réquisition des Jésuites. Elle ne manquait pas une occasion de fortifier ainsi ses prétentions séculaires à l’omnipotence et à l’infaillibilité. Le Formulaire avait pour unique fondement la croyance à l’infaillibilité personnelle du pape au sujet de faits non révélés, et le Parlement n’aurait jamais dû l’admettre. Il est donc