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chapitre ix

sur les arbres et de les exhorter de temps en temps, et le médecin Jean Hamon, le « théologien de la captivité », comme dit Sainte-Beuve qui lui a consacré plusieurs de ses meilleures pages, écrivit pour leur consolation des Traités admirables. On empêcha du moins Lemaître de Saci de venir en aide par ses écrits aux religieuses persécutées ; il fut arrêté dans la rue après avoir été sans doute dénoncé par l’odieux Desmarets de Saint-Sorlin, et cet innocent, ce saint prêtre subit à la Bastille du 13 mai 1666 au 31 octobre 1668 une captivité très dure, sans pouvoir dire ou entendre la messe. Ces trois années ont été terribles : et tout cela pour aboutir à une nouvelle et dernière capitulation de l’archevêque de Paris, lorsqu’une levée de boucliers de l’épiscopat français amena, après bien des péripéties, ce qu’on appelle la Paix de l’Église.

Lorsque Péréfixe sommait les religieuses de Port-Royal de signer le Formulaire sous peine d’excommunication, elles pouvaient lui répondre : « Si nous étions dans un autre diocèse, à Sens, à Angers, à Beauvais par exemple, on ne nous soumettrait pas à de pareilles tortures ; car il y a là des évêques qui ne le font pas signer, et d’autres qui admettent la distinction du fait et du droit ; quelques-uns même nous encouragent à ne pas signer sans restriction, et tous ces prélats sont toujours en communion avec le pape. » À cela Péréfixe n’aurait eu rien à répliquer, d’autant plus que les défenseurs des religieuses avaient imprimé avec force commentaires la lettre de l’évêque d’Angers à l’archevêque de Paris, et la réponse de ce dernier, et la contre-réponse de Henri Arnauld. Il était manifeste