Page:Gazier - Histoire générale du mouvement janséniste, depuis ses origines jusqu’à nos jours, tome 1.djvu/287

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chapitre xiv

vénérait, Il put donc mourir paisiblement le 4 mai 1729, après avoir occupé durant trente-quatre ans le siège archiépiscopal de Paris. Il n’eut point d’oraison funèbre, parce qu’il avait demandé à n’en pas avoir « elle embarrasserait trop l’orateur », avait-il écrit dans son testament de 1720. Ce que le panégyriste officiel aurait pu dire sans être contredit par personne, c’est que Noailles était foncièrement honnête et bon, d’une piété très vive et suffisamment éclairée, gallican déterminé et franchement augustinien. Il aurait pu dire surtout que son désintéressement était sans bornes et qu’il avait dépensé des millions pour secourir les pauvres et pour restaurer Notre-Dame, dont il avait refait à ses frais la grande rose du portail sud et la toiture de plomb tout entière. Sa mort est une date dans l’histoire de la Bulle Unigenitus et du mouvement janséniste, car il était évident à priori que le cardinal Fleury lui donnerait un successeur qui ne lui ressemblerait en rien. C’est ce qui est arrivé le jour où l’on éleva sur le trône archiépiscopal de Paris l’archevêque d’Aix, Charles-Gaspard de Vintimille du Luc, qui était à peine plus jeune que Noailles, car il était né quatre ans après lui, en 1655, et il avait alors soixante-quatorze ans ; Fleury pouvait compter sur sa docilité.