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histoire du mouvement janséniste

D. — N’est-ce point un de ces abbés câlins, à tête penchée sur l’épaule ?

R. — Point du tout. C’est un ecclésiastique qui paraît bon sans façon, fort gai et tout comme un autre. Il était l’un des plus empressés à me faire tout examiner, et des plus attentifs à écouter docilement mes décisions.

D. — Mais je sais de très bonne part qu’il se mêle dans les convulsions des impostures et des friponneries. Il y en a qui ont été convaincus et qui l’ont avoué.

R. — Cela peut être. Mais je suis très sûr qu’il n’y avait ni imposture, ni friponnerie, ni supercherie dans ce que j’ai vu. Et quand il y aurait dans les convulsions mille fois plus que vous ne dites, cela n’empêcherait [pas] que tout ce que j’ai vu et tout ce qui y ressemble ne soit très réel, très vrai et très extraordinaire.

D. — Que pensez-vous maintenant du personnage que je dois faire au sujet de cet événement ?

R. — Puisque vous m’honorez assez de votre confiance pour me demander mon avis sur un point si important, je vous le dirai avec candeur et simplicité.

D. — Je vous en prie.

R. — Le personnage le plus raisonnable et le plus sage que vous ayez à faire, le seul même qui le soit, c’est celui de Gamaliel. Si cette œuvre est de Dieu, vous aurez beau faire, vous ne viendrez jamais à bout de la détruire. Si elle est des hommes elle se dissipera d’elle-même.

Le Magistrat. — C’est aussi le plan que je me suis proposé, et je suis charmé que vous en pensiez comme moi. Je me souviens qu’il y a vingt ou trente ans il s’éleva en Angleterre une troupe de gens qui