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histoire du mouvement janséniste

de très près afin de pouvoir juger avec équité, ce qu’ils n’ont pas fait, la conduite du Parlement de Paris. On accusait, en 1732, les Parlements et les jansénistes en général de ne vouloir ni roi ni pape, et Louis XV a cru qu’il en était ainsi ; on peut se convaincre en lisant le Projet de remontrances et les Remontrances elles-mêmes que les parlementaires étaient alors des patriotes éclairés, très dévoués au roi, dont ils soutenaient les véritables intérêts avec un zèle, un dévouement et un désintéressement absolus. Le Projet fait bien connaître la déplorable situation où se trouvait alors l’Église de France ; il résume tous les faits qui ont été relatés ici-même, et il en révèle la cause. « Tout cela, dit-il, en vertu d’une Bulle, pour une Bulle et quelle Bulle ! la Bulle Unigenitus. La Cour de Rome pouvait elle être jamais mieux servie ? »

Mais voici le passage relatif aux tribulations toutes récentes du Parlement « On casse nos arrêts, on flétrit nos jugements, on biffe nos registres ; on nous prive de nos plus augustes, nos plus importantes, nos plus nécessaires fonctions. Nous nous plaignons, on ne daigne pas nous entendre ; nous nous présentons, on refuse de nous voir ; nous essayons d’ouvrir la bouche, on nous ordonne de nous taire. Nos députés et notre chef à leur tête portent aux pieds du trône le résultat d’une de nos assemblées et le vœu unanime de la compagnie, et on le fait déchirer, trait unique dans notre histoire. Nous témoignons notre juste douleur, on sévit par l’exil, l’enlèvement, la prison. Que Rome est bien vengée Mais que la France est humiliée ! »

Les remontrances dont la Cour avait autorisé la rédaction furent très mal accueillies par elle ; le roi y répondit par la Déclaration du 18 août, dont il exi-