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chapitre xvii

et de l’Université ; ils y parvinrent en recourant aux mêmes moyens, parce qu’ils avaient pour eux ce qui manquait aux adversaires de la Bulle, la ténacité, l’esprit de suite, la cohésion et la force brutale.

Les Bénédictins de Saint-Maur et ceux de Saint-Vannes avaient été les premiers à rejeter la Bulle Unigenitus parce qu’elle ruinait l’autorité des Pères de l’Église ; et quand il fut possible de protester officiellement ils entrèrent en foule dans la voie de l’appel au concile. À leur tête se trouvaient leurs supérieurs et les plus savants de leurs confrères. Le Petit Nécrologe nous a transmis les noms de plus de cinquante d’entre eux, parmi lesquels se trouvent dom Rivet, et dom Louvard, en attendant ceux qui suivirent, dom Clémencet, dom Prudent Marant, dom Simon, dom Deforis et beaucoup d’autres. Plus de quatre cents bénédictins figurent dans le Recueil de Nivelle parmi les adhérents à la cause de l’évêque de Senez. Il y avait parmi eux quelques transfuges, dom Vincent Thuillier et dom La Taste ; ils s’unirent aux persécuteurs, et les procédés qui avaient si bien réussi quand il s’agissait de la Sorbonne furent employés avec une inflexible rigueur exclusion de plus de cinq cents religieux, lettres de cachet à discrétion, ordres d’exil, internements, incarcérations, tout fut mis en œuvre. On arriva ainsi dès 1736 au but que l’on poursuivait ; les moines de Saint-Germain-des-Prés, dont l’abbé était le cardinal de Bissy, ceux de Saint-Denis, ceux de Marmoutiers dans le diocèse de Tours, tous enfin capitulèrent successivement quand ils virent que les opposants, ou, comme on disait, les mutins, étaient en exil ou sous les verroux.

Les Bénédictins de Saint-Vannes, qui étaient beaucoup moins nombreux, puisque leur congrégation