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chapitre iv

drand, morte hors de Port-Royal, fut exposée dans le chœur des religieuses avant d’être enterrée dans le préau, on brûla du bois de genièvre et on prit des précautions infinies pour rassurer la soupçonneuse marquise, et pour lui permettre de « dormir en repos ». C’est la peur des microbes qui l’a toujours empêchée d’aller à Port-Royal des Champs qu’elle ne paraît pas avoir visité une seule fois ; et plutôt que de s’exposer à respirer le mauvais air du saint vallon marécageux en compagnie de Mlle de Longueville et de Mlle de Vertus, elle s’est résignée à demeurer à Paris, sauf à faire des fugues plus ou moins longues dans sa maison d’Auteuil ou chez son frère le commandeur de Souvré. Elle dut beaucoup souffrir durant les dix dernières années de sa vie, car elle était en relations constantes avec des personnes qu’elle n’estimait pas, la mère Dorothée Perdreau, la sœur Flavie Passart et le docteur Chamillard. Mais du moins la sainte Épine était demeurée sur l’autel des reliques au pied de sa tribune et tout auprès était la tombe de la Mère Angélique. Elle mourut saintement en 1678, et n’osant peut-être pas se faire enterrer à Port-Royal par des dyscoles, elle voulut être inhumée dans le cimetière de Saint-Jacques du Haut-Pas, au milieu des paroissiens et des pauvres. C’était à tout prendre, comme dit le jésuite Rapin, « une des femmes les plus accomplies et les plus extraordinaires de ce siècle » ; et l’on peut ajouter avec les historiens de Port-Royal, que sa conversion fut sincère, et que sa piété se soutint jusqu’à la fin sans aucun affaiblissement.

Les « Messieurs », les Petites Écoles.

Le meilleur historien de Port-Royal, Jérôme Besoigne, a consacré la deuxième partie de son ouvrage