Page:Genoude - Les Pères de l'Eglise, vol. 3.djvu/192

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Achamoth. Pour ce qui est du système de la fatalité, qui fait Dieu dépendant de la création, et qui le rend esclave de la nécessité, n’ayant pas le pouvoir de donner l’immortalité à ce qui était d’abord mortel, ni de rendre incorruptible ce qui était corruptible ; ensorte que chaque chose est forcée de suivre invinciblement la loi de sa nature, ce système, disons-nous, nos adversaires l’ont emprunté à des stoïciens et à plusieurs poëtes et écrivains, qui s’en sont fait les auteurs dans l’ignorance où ils étaient du vrai Dieu. C’est sur ce système de la fatalité que les valentiniens ont établi leurs trois divisions, en dehors desquelles Dieu ne peut absolument rien, et dans lesquelles il est obligé de se renfermer sous peine d’impuissance ; ces trois divisions sont : Les choses de l’esprit, renfermées dans le sein du Plerum ; les animaux, qui occupent la partie intermédiaire ; et à l’extrémité, les choses purement corporelles et physiques.

Leur Sauveur, qui est procréé par tous les Æons ensemble, dont chacun lui donne ce qu’il a de meilleur, n’est que la répétition de la fable de Pandore, dont parle Hésiode : cette Pandore est produite par l’effort réuni de tous les dieux, qui lui font chacun présent de ce qu’il y a de meilleur en eux : absolument comme les Æons en agissent à l’égard du Sauveur. Ils ont pris ensuite leur système de l’indifférence des actions humaines, des cyniques, avec lesquels ils s’accordent pour dire qu’il n’y a ni bien ni mal dans les actions ; que l’excellence de notre nature s’oppose à ce que nous puissions être souillés, quoique nous fassions et quoique nous mangions. Enfin, ils ont emprunté à Aristote l’habitude de noyer toutes les questions dans un amas de subtilités et de paroles oiseuses.

Les pythagoriciens leur ont prêté leurs idées sur la nature des nombres. Ceux-ci, en effet, veulent trouver dans les nombres l’origine de toutes choses ; les nombres pairs auraient produit les choses animées, les nombres impairs les choses inanimées. Les uns auraient produit la cause qui crée ; les autres, les choses qui ont été créées. Ainsi les nombres pairs ne produisent que des êtres excellents, semblables à une statue parfaite pour les formes et