ticable pour le retour à nos voitures automobiles.
— Nos voitures ! Vous ne doutez de rien, capitaine. À vous entendre, nous les tiendrions déjà. Or je crains que votre projet soit d’une témérité plus que chanceuse et ne nous coûte de grosses pertes, hélas ! sans résultat.
— Permettez-moi d’insister, répliqua Hervé. Je suis d’un avis différent, et voici pourquoi. Nos ennemis connaissent actuellement la ruine de leur flotte, et un grand désarroi doit exister chez eux. Nos hommes, au contraire, vont être galvanisés par cette même nouvelle. Ce soir, un Français vaudra dix Japonais. »
Réchauffé par l’ardeur virile de son officier d’ordonnance, Sauzède décida :
« Vous pouvez avoir raison, mon ami. D’ailleurs, dans notre situation, ne devons-nous pas tout tenter ? Je n’ai plus à être ménager du sang de mes soldats, puisque tous nous devons mourir si nous ne pouvons tenir jusqu’à la délivrance. Or, seul le succès de votre audacieuse expédition peut nous permettre d’en attendre l’heure. Le temps n’est plus à la prudence, mais à toutes les témérités. Venez donc ; nous allons étudier à fond votre projet, puis nous organiserons la colonne d’attaque et lui tracerons sa mission.
— C’est moi qui lui servirai de guide, posa Hervé.
— Avec votre blessure, la fatigue excédera vos forces, objecta Sauzède.
— Bah ! répliqua Hervé, je ne la sens plus. La